Les sources historiques de référence sont au nombre de trois :
Le Coran
Les sira (biographies)
Les hadiths (les dits du Prophète).
Le Coran est la révélation divine. Selon la tradition, il a été mis par écrit environ 25 ans après la mort de Mohammed.
La première sira date du 1er siècle après la mort du Prophète. Elle a été écrite par Ibn Ishaq et la suivante est l’œuvre de Ibn Hisham, vers le 8ème siècle de l’ère chrétienne. Cette seconde sira survient au moment de l’avènement des Abbassides et concourt à la légitimité de cette dynastie.
Les hadiths sont d’abord transmis oralement. L’ensemble des hadiths constitue la Sunna. Les premiers écrits datent du 9ème siècle (ère chrétienne). Le premier recueil est le « Sahih » de Bukhari. Ces écrits valorisent la figure du Prophète en le présentant comme un modèle idéal de comportement.
Mohammed est originaire par son père de la tribu arabe des Quraïsh. Cette tribu, conduite par Qusay, s’est installée à La Mecque au cours du 5ème siècle avant JC. Qusay est le père de Abd el Manaf.
Le père de Mohammed est Abd Allah, fils de Abd al Muttalib qui occupait la fonction de Siqaya, consistant à gérer le puits sacré de Zem Zem et à approvisionner les pèlerins qui venaient honorer une divinité païenne. Abbas, dont la descendance sera revendiquée par les Abbassides, est le demi-frère de Abd Allah, donc l’oncle de Mohammed.
Le père du futur prophète meurt au cours d’un voyage d’affaires à Médine laissant sa jeune épouse enceinte de Mohammed. Amina, est issue de la tribu des Hazraj, de la région de Yathrib (qui deviendra, plus tard, Médine). Le jeune Mohammed est confié, conformément à la coutume, à une nourrisse d’un clan nomade, Halima. L’enfant perd sa mère à l’âge de six ans. C’est son grand-père, alors âgé de quatre-vingts ans qui le recueille mais il décède deux ans plus tard. C’est un de ses oncles Abd Manaf dit Abu Talib, qui prend soin de lui. Abu Talib est le père de ‘Ali.
Le jeune Mohammed accompagne son oncle lors de voyages commerciaux en Syrie. Plus tard, il entre au service de Khadija, une veuve qui dirige une importante entreprise caravanière.
Bien que plus âgée que lui d’une quinzaine d’années, elle devient son épouse. Le couple a sept enfants : Trois garçons qui meurent en bas âge et quatre filles dont Fatima qui épousera ‘Ali, le jeune cousin de Mohammed que celui-ci a adopté au moment où les affaires d’Abou Talib périclitaient.
Khadija appartient au clan des Asad, situé à un rang élevé de la société mecquoise. Un autre clan puissant est celui des Abd Chams dont seront issus les Omeyyades.
A cette époque, existe un mouvement de pensée non organisé, le Hanif, dont les membres pratiquent le recueillement temporaire dans la solitude du désert environnant. Il est vraisemblable que ce mouvement suggère que l’idée d’un Dieu unique commence à émerger dans certaines consciences. Les historiens désignent ce phénomène par le terme de « hénothéisme » qui suppose l’existence d’un dieu dominant mais non encore unique.
Mohammed participe au Hanif et prend l’habitude de se recueillir au mont Hira tout proche.
Il est également vraisemblable que l’annonce de l’arrivée d’un prophète parmi les Arabes commence à circuler. Un cousin de Khadija, Waraqa ben Nawal, bon connaisseur des écritures (Les Arabes côtoient Juifs et Chrétiens au cours de leurs voyages commerciaux) aurait déclaré que Mohammed était le prophète annoncé. En 610, ce dernier déclare avoir reçu une première révélation, au cours d’une nuit de recueillement à Hira. Khadija, Waraqa ben Nawal, ‘Ali et Zaïd, un esclave affranchi, sont parmi les premiers à en être informés. Les révélations s’interrompent puis reprennent vers 613. C’est à ce moment que Mohammed commence sa prédication publique. Les premiers convertis sont des gens situés au bas de l’échelle sociale, ce qui laisse prévoir une tension à venir avec l’oligarchie mecquoise qui tire de substantielles ressources des pèlerinages païens (Les Arabes adoraient, notamment, trois divinités filles de Allah : Al Lat, Uzza et Manat). Mohammed apparaît progressivement comme un fauteur de troubles. Uthman, du clan des Abd Chams, se convertit et, de plus, Mohammed bénéficie de la protection de son clan grâce à Abu Talib. Cette protection est fragile. Abu Talib meurt en 619 ainsi que Khadija. C’est l’année du deuil. Le nouveau chef de clan, Abu Lahab retire sa protection au Prophète qui doit chercher l’appui d’un autre clan. Sa situation à La Mecque est menacée. Il prend contact avec six membres du clan auquel appartenait sa mère. Les six hommes se convertissent. En 621, une seconde délégation de Yathrib passe avec Mohammed un serment de fidélité (bay’a). C’est le serment d’Aqaba ou bay’a el nissa (serment des femmes). Un second serment est prononcé en 622, le serment de la guerre (bay’a el herb). Il est reconnu comme chef. Ce serment proclame que les habitants de Yathrib accueilleront les musulmans de La Mecque, que Mohammed est le Prophète et le chef. Ce pacte est à l’origine de la migration vers Yathrib (Médine). C’est l’Hégire (Hijra). Les habitants de Médine ont besoin d’un arbitre (Hakam) pour régler un conflit interne. La désignation de Mohammed s’impose naturellement. Les compagnons du Prophète qui quittent La Mecque pour le suivre à Médine sont appelés les Muhajirun (les émigrés). Quant aux Médinois, ce sont les Ansars (les alliés). L’Hégire a lieu entre juin et septembre 622. Là où la chamelle de Mohammed se met à genoux est édifiée la première mosquée. Elle est située au sud de l’oasis de Médine.
Mohammed épouse plusieurs femmes dont la très jeune Aïcha qui sera, selon la tradition, son épouse préférée. La rivalité qui opposera, plus tard, Aïcha à Fatima aura des conséquences considérables sur l’évolution de la nouvelle communauté qui se constitue alors autour du Prophète, la Oumma. Celle-ci comprend dans un premier temps des musulmans et les juifs de Yathrib. La Oumma ne deviendra la communauté des croyants que plus tard. Les proches compagnons de Mohammed sont les Mu’minun, les fidèles.
Les tensions entre La Mecque et Médine s’accroissent. Des accrochages se produisent. Il y a un mort à Nahla. A Badr, en mars 624, les musulmans sont vainqueurs des Mecquois mais un an plus tard, ces derniers prennent leur revanche à Huhud. Cette défaite fait naître un doute au sein de la Oumma. Les détracteurs du Prophète apparaissent au grand jour. Ce sont les hypocrites (Munafiqun).
Les musulmans reprennent confiance après la victoire « du fossé » en mars 627. La Oumma reste un groupe hétérogène. Pendant un temps, Muhammad veut rallier à lui les juifs mais il échoue. Ces derniers seront expulsés.
D’autres batailles ont lieu : Hunayn et Al Ta’if en 630.
On ne dispose d’aucune information précise concernant les deux dernières années de la vie de Mohammed qui meurt à Médine en 632 sans désigner de successeur.
La révélation divine se compose de deux périodes : Les versets reçus à La Mecque puis ceux, plus nombreux et davantage à contenu légiférant, reçus à Médine. Les paroles divines recueillies des lèvres de Mohammed sont apprises par cœur et récitées. Elles sont également inscrites sur toutes sortes de supports, bois, os… L’ensemble des versets fera l’objet de la recension coranique quelques années plus tard.

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